Confinement participatif, la suite

Salut à toi, Ô Lecteur mon ami !

Nous te proposions dans notre dernière newsletter de faire comme si nous pouvions être ensemble dans la librairie et partager nos lectures.
Comme promis, nous continuons de publier tes critiques éclairées telles que tu nous les as envoyées sur contact@eurekastreet.fr

Pour rappel, comme lors de nos soirées littéraires à la librairie, nous n’attendons pas de dissertations, mais plutôt en quelques phrases les raisons pour lesquelles tu souhaites partager ces conseils de lecture.

A suivre, d’autres critiques, continue à nous écrire !
A suivre itou, les notes de lectures de tes libraires.

Luc B :
Citoyens clandestins, DOA, Folio
Le livre date de 2007 mais rejoint de façon brûlante et paranoïaque l’actualité. Tout le monde court après deux barils chimiques qui pourraient bien servir à un attentat à Paris. Sauf que le renseignement français est l’objet de terribles rivalités entre ministères. Si on y ajoute un mercenaire et des journalistes, ça donne un polar politique intense et incroyablement documenté, et qui annonce son diptyque Puktu. DOA c’est le Don Winslow français.


L’espace du rêve, David Lynch, Lgf
Le livre retrace la vie et l’œuvre de David Lynch de façon chronologique : enfance, adolescence, étude puis film par film. Son intérêt consiste dans sa construction. Kristine McKenna (journaliste et critique d’art) écrit un chapitre dans lequel elle s’entretient avec nombre de témoins proches puis David Lynch commente le chapitre. Le résultat est très dynamique. Faut-il avoir vu tous ses films et connaître toute sa carrière ? Heureusement non mais en avoir vu deux ou trois pourrait aider, à défaut cela pourrait vous en donner l’envie. Le véritable intérêt réside dans sa trajectoire personnelle et artistique et sa quête de liberté. Un grand livre sur le cinéma.


Le guide du voyageur galactique, Douglas Adams, Folio
Imaginez les Monty Python dans l’espace. H2G2 (le titre original est The HitchHiker’s Guide to the Galaxy, 1979) c’est exactement ça. Une loufoquerie intergalactique anglaise hilarante. À l’origine, c’est une pièce radiophonique mais qui va prendre au fil du temps de multiples formes (dont un film « à côté duquel Armageddon fait documentaire »)
L’histoire est “simple” : Arthur, un terrien, voit sa planète détruite pour cause de construction d’une voie express hyper-spatiale. Heureusement, son ami Ford (un extra-terrestre d’allure humaine) le sauve et rejoint un groupe dissident improbable, dont Marvin un robot maniaco-dépressif. Leur but : la recherche de la Réponse, celle de la Vie, de l’Univers et du Reste. Une aventure rocambolesque et totalement baroque.

Simone W :
Très bonne idée que ce partage virtuel de livres !
Je me suis replongée avec délice dans L’Odyssée d’Homère que je n’avais peut-être pas lu en entier depuis mes études de grec.

Et je me suis régalée, et je me suis embarquée, très loin, très loin avec Ulysse, sur la mer vineuse (ou violette), me suis réveillée le matin quand l’Aurore aux doigts de rose (ou aux belles boucles, ou au beau trône) apparaît, me suis émerveillée des différents transformations de Pallas Athéné, toujours là au bon moment pour conseiller, sauver son héros préféré.
Cette Athéna aux yeux brillants (ou aux yeux pers, selon les traductions) devient, selon les circonstances, un roi, Mentor, une mouette, un jeune pâtre, une petite-fille, etc..
Tout ça pour son Ulysse nourrisson de Zeus, fils de Laerte, le divin Ulysse aux mille tours, le rusé, le prudent.
Vous l’avez compris, ce ne sont pas seulement les histoires merveilleuses, Calypso, les Sirènes, Circé, qui sont un peu pour moi, les gens de ma génération, hellénistes de surcroît, mon Harry Potter (!), c’est aussi la magie du style et des images qui m’emportent très loin du satané Covid19.
J’ai préféré relire L’Odyssée plutôt que L’Iliade car c’est trop belliqueux et que les métaphores guerrières ça suffit et puis aussi que L’Odyssée ça se termine bien et que grâce à sa force, son courage et son intelligence, Ulysse tue les méchants prétendants et retrouve sa bien-aimée, sa douce Pénélope aux bras blancs ! Ouf ! On avait eu peur pour lui, après vingt de séparation !!
Portez-vous bien et vivent les livres !!

Oui, j’ai envie de vous envoyer autre chose, radicalement différent de mon premier livre.
Il s’agit du livre de Claire Marin  Rupture(s) aux Éditions de l’Observatoire.
Il s’agit pour elle de rendre compte de toutes les ruptures (d’où le pluriel du titre), amoureuses, familiales, les disparitions de tous ordres, qui nous constituent, nous sont consubstantielles.
Qui est exactement ce qu’on appelle “moi”? Un être provisoire, appelé à changer au gré de l’imprévisible, des incertitudes, des catastrophes ?
Claire Marin est philosophe mais écrit pour le grand public, appuie ses démonstrations sur des citations d’écrivains (Duras, Charles Juliet, Lydia Flem..), des philosophes (Nietzsche, Bergson, Pontalis..)
Le tout est passionnant et dans cette période fertile en ruptures de toutes sortes, où tout est remis en question, et surtout nos certitudes, je trouve cette lecture tout à fait pertinente et revigorante.

Monique B. :
Après avoir vu le téléfilm Paris-Brest, inspiré d’un livre de Tanguy Viel, envie de vanter un livre de cet auteur qui m’a beaucoup… beaucoup…plu
Il s’agit de Article 353 du code pénal un long monologue qui vous happe dès les premières pages et qu’on n’a pas envie de quitter. Émotions diverses, humanisme, réflexions sur les relations humaines, sur l’environnement…je le conseille fortement et j’ai envie de lire d’autres livres de cet auteur breton, si vous en avez en magasin….

Alain L.
Bonjour, voilà, je me suis lancé car il faut du temps et de la concentration pour aborder un roman de James Ellroy. La Tempête qui vient c’est le titre du deuxième volet de sa nouvelle trilogie, un excellent cru. Il parvient une nouvelle fois à faire un récit tout à la fois touffu et trépidant. Une galerie de personnages incroyables, écorchés, cabossés par la vie, pathétiques ou attachants mais tous très bien campés. On se promène comme d’habitude chez lui dans un monde visqueux et interlope, l’envers pathétique de l’usine à rêve qu’est Hollywood. Excellent

Karine H. :
Le roman américain Là où chantent les écrevisses de Delia Owens est un roman remarquable.
Il raconte la vie d’une petite fille, Kya, dans les marais de Caroline du Nord. Elle a été abandonnée par toute sa famille et elle doit survivre seule dans un endroit hostile. De bonnes âmes vont veiller sur elle mais elle ne va suffisamment se méfier d’un jeune garçon qui va lui faire du mal et l’irréparable va alors arriver.
Ce n’est pas du tout un livre larmoyant, on s’attache à cette petite fille livrée à elle-même. Et on apprend des choses sur les marais. Enfin bref, j’ai adoré ce roman !

Je recommande également Darktown de Thomas Mullen que Pierre m’avait conseillé. C’est un polar américain qui se passe pendant la ségrégation. La police d’Atlanta est contrainte de recruter des policiers noirs ce qui ne va pas sans poser de difficultés, surtout dans la police. Des policiers noirs vont mener une enquête dans ce climat très hostile malgré les menaces, la corruption. C’est très intéressant.

Françoise P :
J’attends impatiemment de vous commander Contes des mille et un Rohmer de Françoise Etchegaray. Une dame passionnante, cinéaste et productrice, qui a accompagné Rohmer pendant 30 ans. (et cela n’a pas dû être toujours facile !) Je l’ai rencontrée au Café des images.
Son livre doit être passionnant, surtout pour les inconditionnels de Rohmer dont je fais partie.
D’autre part, j’espère que les Mémoires de Woody Allen seront bientôt traduites. Je les attends avec impatience. (si un traducteur pouvait profiter du confinement pour s’y mettre !)
À bientôt et un gros, mais très gros câlin à Mademoiselle Sécotine.

2 réflexions au sujet de « Confinement participatif, la suite »

  1. Salut à vous, ô lecteurs amis d’Eurêka!

    C’est sûr qu’on l’a trouvée notre librairie !
    Et quelle bonne idée de continuer à partager!

    Donc…je viens de passer cette première partie de confinement avec les polars achetés à Bloody Fleury et qu’il était temps de lire vu ce dégel précoce!
    J’ai vraiment apprécié: Tuer le fils de Benoît Séverac.
    J’avais lu et beaucoup aimé ses précédents romans toujours au coeur des problématiques sociales cruciales, une enquête policière et toujours des personnages en quête d’humanité.
    Tuer le fils déroule une construction narrative drôlement bien ficelée!
    lire aussi: 115 et Trafics qui nous emmènent autour de Toulouse et le très beau: Rendez-vous au 10 avril toujours à Toulouse mais en 1920.
    Benoît Séverac a quelque chose à nous dire et il nous entraîne facilement et à la découverte et à la réflexion autour de la question de l’humanité.

    J’ai ensuite attaqué:
    DONBASS de Benoît Vitkine.
    le correspondant du monde à Moscou nous livre un vrai beau grand roman certes noir, très noir même mais grâce à lui je me sens un peu moins ignorante de ce qui se passe en Ukraine, un peu plus en empathie aussi avec cette humanité si souffrante et un peu plus encore persuadée de l’absurdité de la guerre. . Il a su me tenir en haleine avec des personnages terriblement happés par le drame.

    Et maintenant…récréation! Sur le conseil de Bénédicte ( qui s’est régalée!) : je pars dans le Sussex et je pense que je vais vivre de belles heures avec: Etés Anglais, la saga des Cazalet de Elisabeth Jane Howard!
    Je vous en reparle quand je l’aurai lu!

    Véronique

  2. ASTA de Jon Kalman stefansson
    Lecture un peu ancienne déjà, mais le souvenir d’un souffle puissant venu d’Islande. Au départ, un couple, Helga et sigvaldi, lié par un amour fou, fougueux, physique, désordonné et entier… et bientôt deux petites filles nées de cet amour. Mais bientôt Helga, la mère, déserte le carcan étroit de mère et d’épouse dans lequel elle étouffe… l’une des fillettes, Asta, connaîtra un parcours de vie plein et ardu, une relation magique avec une vieille nourrice, faute de mère, l’amour d’un jeune garçon incroyable : Josef…
    Un récit polyphonique, où la voix du père nous sert néanmoins de fil conducteur : il brosse à rebours son itinéraire et celui des siens, ses femmes, ses filles, son frère. Les souvenirs pêle-mêle surgissent dans l’esprit du père en train de mourir après une chute. Le temps se dilate. La pulsion de vie est omniprésente, entre le quotidien trivial et la rudesse des paysages, du climat, des relations humaines. Amour et haine y sont les deux faces d’une même médaille, comme l’espoir et le désespoir. Une ode à résister coûte que coûte à l’effacement dont le temps qui passe menace toute vie vécue. Résister par et avec les mots. Merci au traducteur !
    En ces temps de confinement, un grand souffle d’air frais…

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